Plan de mise en œuvre de notre Police Municipale

Sur les marchés, lors des rencontres organisées dans les quartiers, dans mes échanges quotidiens avec les habitants de notre ville, j’ai entendu leur préoccupation et leur légitime demande de sécurité. Au mépris des faits graves qui se multiplient dans notre ville, certains considèrent les mesures annoncées pour la sécurité des Brestoises et des Brestois sous le prisme de la tactique politicienne. Cela nous renseigne sur le peu de cas qu’ils font du réel sentiment d’insécurité éprouvé par nos concitoyens. Certains semblent ne considérer la politique que comme une offre commerciale concurrentielle. J’ai lu ainsi que l’on me prêtait un « virage à droite ». Je ne pense pas que celles et ceux qui y sont confrontés chaque jour placent le sentiment d’insécurité d’un côté ou l’autre de l’échiquier politique. Sur cette question comme sur d’autres, je souhaite être pragmatique, pas idéologique. En la matière, il ne faut faire preuve ni d’excès ni de naïveté.

Concernant la Police Municipale, toutes les villes de taille comparable en France disposent d’une telle police. La moitié d’entre-elles sont armées. Un tiers d’entre-elles fonctionnent 24h/24 sur 2. Une seule ne dispose d’aucun service nocturne, la plupart ont des fonctionnements de nuit, au moins partiellement.

Ceux qui ne souhaitent pas traiter le problème de la sécurité à Brest, appuient leur refus d’agir sur de fausses informations : « elle ne pourrait pas travailler la nuit, elle ne pourrait pas disposer des attributions de sécurité publique… » Tout cela existe pourtant dans d’autres villes. Brest ne doit pas craindre de regarder ce qui existe ailleurs, elle n’y perdra ni son caractère si singulier, ni sa personnalité forte, ni son identité si particulière.

D’autres encore, disqualifient toute action en faveur de la sécurité à Brest, qualifiant les mesures proposées « d’extrême droite ». Est-ce à dire que la municipalité Europe Écologie Les Verts de Grenoble de Grenoble par exemple, celles socialistes de Rennes et de Nantes, qui disposent d’une Police Municipale sont d’extrême droite ? Par leur déni de réalité, ceux qui énoncent de tels arguments font le jeu des extrêmes qui prospèrent aussi grâce à leur manque de volonté d’agir pour améliorer le quotidien des gens.

De la même façon que la répression ne saurait être la mesure de toute lutte contre la délinquance, prétendre comme certains le font que les violences sont uniquement « liées aux inégalités sociales » et que « lutter davantage pour la solidarité et l’accès au droit » serait le « seul moyen efficace de venir à bout de ce climat d’insécurité » nous montre l’irresponsabilité et la naïveté de certains de nos responsables politiques.

Comme d’autres, j’ai été choqué par les échanges de coups de feu à Pontanézen, Kerourien ou encore Kérangoff. Et je souhaite m’adresser aux Verts qui reprennent la phraséologie de l’extrême-gauche radicale : pensent-il que la légalisation du cannabis transformera les délinquants armés au volant d’une Porsche que l’on voit sur les images en paisibles buralistes ? Cette délinquance armée ne trouvera-t-elle pas dans d’autres trafics les moyens de poursuivre ses activités illicites et rémunératrices ? Sont-ils persuadés que « lutter davantage pour la solidarité et l’accès au droit » leur fera déposer les armes ?

Concernant le coût de cette Police Municipale, nous l’estimons à environ 2,5 millions d’euros par an pour la masse salariale. La création de cette Police Municipale se fera dès le début du mandat, ce qui ne signifie pas que son effectif sera complet au lendemain de l’élection. Chacun peut le comprendre et je m’étonne d’entendre des élus qui ignorent encore qu’on ne peut pas transformer n’importe quel agent territorial en policier municipal, puisqu’il faut passer préalablement le concours de Gardien-Brigadier de police municipale. Mais il est en effet possible de recruter, par un appel à candidature, des agents ayant déjà passé le concours de policier municipal partout en France. La décision de la création de cette police municipale se fera donc immédiatement après mon investiture. L’appel à candidature pour le recrutement de premiers policiers municipaux se fera ensuite à l’automne 2020, dans l’objectif de recruter nos premiers agents avant la fin d’année 2020.

Cependant pour compléter l’effectif dans l’objectif de 50 agents municipaux, il faudra, en collaboration avec le centre de gestion, organiser un concours dit de Gardien-Brigadier de Police Municipale. Pour cela, la ville devra ouvrir des postes et les déclarer auprès du centre de gestion (déclaration de poste réalisée en fin d’année 2020 donc, à priori entre septembre et novembre), qui pourra alors ouvrir le concours pour les postes correspondants. L’organisation du concours par le centre de gestion prendra entre 3 et 6 mois. Puis après ce concours interviendra la formation des agents (compter 6 mois). Ce qui nous conduit donc un effectif complet fin 2021, début 2022 au plus tard si tous les postes ouverts au concours sont pourvus.

La création de cette police municipale se fera donc par recrutement externe et redéploiement de moyens. Comme je l’ai indiqué, c’est un engagement que je prends face aux Brestoises et aux Brestois, la création de cette police municipale se fera à budget constant, sans coût supplémentaire pour le contribuable. Comment ? En articulant différentes possibilités de gestion. La loi de « transformation de la fonction publique » votée en juillet dernier impose la régularisation du temps de travail annuel à 1 607 heures. Cette régularisation du temps de travail annuel va permettre à l’administration d’opérer des gains de productivité. Ces gains seront utilisés pour optimiser la gestion, notamment, des fonctions supports de notre collectivité et afin de permettre de ne pas remplacer 50 départs à la retraite sur la période 2020 – 2022, dans le but de les consacrer au recrutement de nos policiers municipaux. La création de cette police municipale permettra également à notre ville de faire des économies sur les budgets d’emploi de sociétés privées de sécurité que finance l’actuelle majorité.

Cette Police Municipale disposera d’un cadrage précis. Elle s’inscrira dans les prérogatives dont les polices municipales disposent depuis les lois de décentralisation : police administrative et de sécurité publique. Elle pourra en effet décharger la Police Nationale de certaines de ses missions ou démultiplier celles-ci. Cela sera le cas pour la sécurité routière en ville par exemple, mais aussi pour la réalisation de rondes de surveillance partout dans la ville, pour prévenir la délinquance et intervenir si nécessaire.

Les policiers municipaux auront des moyens de répression, mais nous souhaitons également qu’ils se placent dans un rôle de prévention. La Police Municipale est avant tout une police proche des citoyens. Elle a un impact social. Elle est quotidiennement en contact avec des publics précaires. Je veillerai à ce que nos policiers municipaux soient en appui des médiateurs urbains. Je tiens également à ce que la formation, le recrutement, et l’action quotidienne des policiers municipaux prennent en compte ces aspects sociaux. Nos policiers seront notamment formés à l’accueil sensible des femmes victimes de violences.

Concernant les dispositifs de vidéo-surveillance et de vidéoprotection sur les bâtiments publics, je tiens tout d’abord à les distinguer.  La vidéosurveillance, c’est l’observation en direct afin de permettre l’intervention des forces de l’ordre en cas de commission de crimes ou délits sur la voie publique. La vidéoprotection, c’est l’observation différée dans le cadre d’investigations mais aussi un moyen de prévention des dégradations notamment. Ils visent deux objectifs. La vidéo-surveillance va permettre de recréer une zone de sécurité de la place de Strasbourg à la place de la Porte, sur l’axe Siam-Jaurès, Place Liberté, et les rues perpendiculaires. Les études montrent qu’un tel dispositif permet la baisse de la délinquance préméditée dans les zones où elle est installée. Cette zone de sécurité créée permettra d’organiser différemment l’action de la police nationale et de la police municipale sur les autres quartiers de notre ville. Quant aux systèmes de vidéoprotection des bâtiments publics ils permettront, comme ce fut le cas ailleurs lorsqu’elle a été installée, de réduire le coût des dégradations.

Cette approche que je veux globale se concrétisera par une refonte intégrale du contrat local de sécurité dont la doctrine actuelle a été définie en 1999. Ce contrat visera à assurer le continuum de sécurité entre les différents acteurs (Police nationale, Police municipale, services de la préfecture, services départementaux, services de l’éducation nationale, services de Brest métropole habitat, services de la SNCF, services de Bibus, médiateurs urbains et sociétés de sécurité privées) dans un souci d’efficacité et de pertinence de l’action publique au service de chaque habitant de notre territoire. Mes propositions ne constituent pas un seul « tout répressif », au contraire, je souhaite que le volet prévention et médiation soit renforcé ainsi que la place donnée au Travail d’Intérêt Général (TIG) insuffisamment utilisés par notre ville. Car chacun le sait, les problèmes de sécurité ont des causes multiples que la seule répression ne saurait suffire à traiter. Ils nécessitent l’implication de tous et de chacun. Mais notre époque et la situation brestoise requièrent de sortir des idéologies et des dénis de réalité. Nous devons prendre nos responsabilités !

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