Le vice-président de la Métropole en charge des déplacements, fait une bien étrange réponse à notre proposition de Trolleybus Nouvelle Génération pour Brest. La première surprise, c’est l’outrance polémique et le mépris affiché dans ses déclarations, la seconde ce sont les inexactitudes factuelles qu’elles recèlent. Cette agressivité témoigne d’une fébrilité surprenante pour un élu en charge de ce sujet, peu à l’aise avec le dossier qu’il est sensé défendre.

Soit il n’a pas pris le temps de lire notre proposition, ce qui à ce niveau de responsabilité dénote d’une inquiétante légèreté ; soit il souhaite tromper les Brestoises et les Brestois par la propagation de fausses informations, alors que notre note détaillée et argumentée  (http://marchonspourbrest.fr/pour-une-mobilite-ecologique-et-plus-de-service-pour-tous-un-trolley-nouvelle-generation-a-brest) était accessible sur le site internet Marchons pour Brest ! dès son annonce le mardi 12 novembre.

Alors que nous étendons de façon spectaculaire l’offre structurante de transports en passant de 9,4 à 31 km, touchant ainsi un plus grand nombre de nos concitoyens, sur des zones plus étendues,  il nous accuse d’abandonner une partie de la population, à savoir les habitants de Lambézellec.

Nous n’abandonnons personne !  Au contraire, nous avons pour projet un renforcement de la desserte, par une densification du maillage comme de la fréquence des transports dans ce quartier grâce aux économies réalisées sur le rail. Là où le BHNS n’était qu’une faible compensation – une consolation oserons-nous dire – liée au renoncement de la desserte de Lambézellec par le rail, notre projet permet d’investir plus largement et spécifiquement dans ce quartier. C’est lui, en réalité qui, écartant notre proposition sans même l’avoir étudiée, abandonne nos concitoyens que ce nouveau tracé étendu desservirait.

La bataille du rail

Il souhaite nous entrainer dans une bataille du rail d’un autre temps. Pour cela, il s’appuie sur ce qu’il sait des Trolleybus d’antan mais écarte ce que nous connaissons aujourd’hui des Trolleys Nouvelle Génération. Parvenu au degré de responsabilité qui est le sien, nous n’imaginons pas qu’il ignore tout des évolutions des différents modes de transport urbain.

Ce qu’il semble également ignorer, c’est que ces Trolleys Nouvelle Génération sont hybrides. Contrairement au Tramway sur rail, ils n’ont pas besoin d’un contact permanent avec une ligne électrique. Leurs batteries les rendent autonomes jusqu’à 8 km de distance, leur permettant une circulation déconnectée. Il n’y aura donc pas 31 km de lignes électriques comme il le prétend. Là encore, tout est dans notre note technique.

Ils ne présenteront donc pas de danger spécifique place de la Liberté où ils croiseront le Tramway car ils le feront en autonomie, sans besoin d’installer de câbles, pas plus que durant leur circulation sur la zone portuaire dans le PPRT (Périmètre de Protection des Risques Technologiques) où ils évolueront comme des véhicules électriques ordinaires. Une ligne à la demande, la ligne 22, circule d’ailleurs déjà dans cette zone.

Concernant la capacité des Trolleys Nouvelle Génération, Il ignore encore que certains modèles disposent d’une capacité identique à celle des Tramways de Brest, pouvant accueillir jusqu’à 200 passagers en version bi-articulée. Lyon, qui dispose du plus grand réseau français de Trolleys (55 véhicules articulés, 69 standards, 7 mini, soit 131 véhicules au total) a récemment testé avec succès des véhicules de 25 mètres articulés en 3 parties, ayant la même capacité qu’un Tram. Rappelons que le BHNS défendu par la majorité sortante dispose de capacités largement inférieures.

Site propre et voies dédiées

Ayant sans doute seulement survolé notre projet, il imagine notre Trolley Nouvelle Génération « pris dans la circulation », comme le Tram sur le pont de Recouvrance. Pourtant, en site propre et sur voies dédiées, il suivra l’actuel tracé prévu de la ligne B qu’il allongera. Il offrira des temps de passage et une qualité de service identique à celle du Tramway mais s’effectuera sur des pneumatiques plutôt que sur des rails. Une solution plus économique, plus écologique et qui permettra d’intégrer les innovations technologiques à venir dans le mode de propulsion des transports collectifs.

Cet aménagement en site propre doublée d’une piste cyclable n’obère en rien le projet de rénovation urbaine de Bellevue, porté par l’Agence nationale de Renouvellement Urbain et financé par l’État dans lequel il s’intégrera parfaitement. Il est d’ailleurs étonnant que la majorité sortante semble conditionner le réaménagement de Bellevue à l’arrivée du Tramway alors que l’Etat, par le biais de l’ANRU, s’est d’ores et déjà engagé sur le renouvellement de ce quartier.

Un Trolley de droite ?

De la même manière qu’elle se targue, dans un monde qui évolue pourtant, de ne pas varier dans sa doctrine concernant la sécurité depuis trois mandats, la majorité actuelle est fière de rester fidèle à sa vision des transports qu’elle n’a pas non plus renouvelée.

Lors de la concertation menée début 2019, l’intérêt du Trolley a justement été mentionné à plusieurs reprises par les Brestois, y compris dans les avantages qu’il présente par rapport à une ligne de Tramway. Or, aucune recherche ni aucune étude n’ont été menées pour approfondir cette idée. Pour notre part nous faisons le choix d’écouter ces habitants et de creuser leur idée sans parti pris.

Alors, Marc Coatanéa a-t-il changé d’avis, comme le vice-président de la Métropole en charge des déplacements le prétend ? La réponse est clairement non. Notre projet vise toujours à structurer le réseau autour d’une 2nde ligne croisant la 1ère. Nous faisons le choix de cette technologie car le Trolley Nouvelle Génération est une opportunité. Lorsque la technologie et les attentes de nos concitoyens évoluent, doit-on, par conservatisme l’ignorer ? Lorsqu’on a connaissance de technologies plus efficaces, plus économiques et plus écologiques, faut-il les écarter ? Est-ce de l’«opportunisme » ? Est-ce être une « girouette » comme il le dit que d’écouter et de consulter les habitants sans faire de concertation orientée ?

Il qualifie notre projet comme une mesure « de droite », mais sait-il qu’une municipalité socialiste de premier plan réfléchit à un choix « plus léger en investissement que le tramway » pour la desserte de son aéroport ? Notre projet de Trolley Nouvelle Génération est au service des Brestoises et des Brestois.

Les étranges calculs du vice-président de la Métropole

N’ayant pas étudié la solution offerte par le Trolley Nouvelle Génération, Il nous propose d’étranges calculs. Tout d’abord, il oublie de nous dire que l’ajout de 5,4 km de Tramway va conduire à l’acquisition de 10 (page 27 du dossier détaillé de support à la concertation) rames qui devront être identiques aux 20 premières de la ligne A et généreront un coût d’entretien supplémentaire.

La solution Trolley Nouvelle Génération va aussi permettre d’économiser la construction d’un nouveau pont en parallèle du pont Schumann.

Car ce projet est beaucoup plus adaptable dans le temps. Il permettra de faire des économies substantielles lorsqu’il s’agira de changer le mode de propulsion des véhicules. Faire le choix d’un investissement dont l’amortissement engage les 40 ou 50 prochaines années doit nous obliger à réfléchir à la transition énergétique et à choisir le mode de transport le plus à même de s’adapter aux nouvelles énergies de demain et à leur rapide évolution.

Par ailleurs, il nous dit que le choix du trolley « rendrait impossible la mutualisation des équipements, des pièces et des techniciens » à l’inverse de la seconde ligne de Tramway. C’est oublier que le remplacement nécessaire de tous les bus à moteur thermique par des moteurs électriques va de toute manière nécessiter l’installation de nouveaux ateliers, des stocks de pièces, la formation du personnel aux moteurs électriques, etc.

Il s’agit, ni plus ni moins, de s’adapter à l’évolution des technologies et de ne pas rester figé sur celles que l’on connaît déjà.

L’offre de transport génère la demande

Notre tracé passe par des endroits où il y aurait peu de demande ? Ce projet ambitionne de sortir du cadre bresto-brestois pour lui donner une réelle dimension métropolitaine. Les transports sont une compétence métropolitaine, et il est nécessaire de penser les déplacements globalement afin de s’ouvrir enfin à une véritable gestion des entrées de ville. Des Trolleys de grande capacité circuleront sur les voies du centre-ville, alors que des Trolleys de capacité adaptée seront affectés aux entrées et sorties de notre métropole.

Notre époque nécessite d’articuler efficience de l’action publique et transition écologique. Comment peut-on prétendre défendre un projet écologique quand la solution que l’on propose va nécessiter de lourds et polluants travaux ? Les commerçants se souviennent encore de l’impact négatif sur leur activité des travaux de la ligne A. Oui, notre proposition sort des sentiers battus et remet en cause les conservatismes, mais l’innovation technologique, électrique ou hydrogène, nécessite de ne pas enfermer notre ville dans le rail pour 40 ou 50 ans.

Une campagne est un moment unique pour élever le débat, pour s’affronter sur le terrain des idées, pas sur celui de la vindicte, des postures, des croyances et des idées reçues.

L’équipe Marchons pour Brest !

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