Les mois qui viennent de se passer ont vu le débat démocratique se tendre. L’expression des idées, l’argumentation et le débat démocratique laissent bien trop souvent leur place à la vindicte, l’insulte, voire la violence verbale ou physique. Il est déplorable de le constater chez les citoyens, lorsqu’elle s’exprime dans la dégradation de permanences politiques ou des tentatives de violence contre des élus. Il est encore plus déplorable et inadmissible de le constater chez des élus ou représentants politiques.

Nous le sentons et le savons tous, nous sommes à la fin d’un cycle politique et un autre va s’ouvrir pour notre territoire avec les élections municipales de mars. Mais il est déplorable de voir certains s’abandonner à leur fébrilité dans la violence du langage. Consternant de voir certains nourrir le ressentiment et la haine au service de leurs objectifs.

Nous ne devrions jamais juger ce que sont, au sens du verbe être, les individus, les représentants politiques ou encore les élus. Encore moins souhaiter du mal à qui que ce soit. Cette bienveillance devrait être le prérequis de tout fonctionnement démocratique, car elle est indispensable pour que vive le débat démocratique et la confrontation des idées dont notre époque a besoin. Car si nous ne devons pas juger ce que sont les gens, nous nous devons de juger ce qu’ils font et disent. Nous devons permettre la confrontation des idées et des arguments, sous peine de provoquer la violence. Mais pour cela nous nous devons de retrouver pour chacun d’entre nous un respect républicain et je dirais même une certaine estime républicaine pour celles et ceux qui ont le courage de se lancer et de faire vivre la démocratie.

J’aurai toujours un rejet profond et viscéral pour les idées de certains de mes adversaires, mais je serai le premier à défendre le droit à s’exprimer de chacune et chacun, car c’est sur le terrain des idées et du débat que la démocratie doit gagner. Nombre des idées de mes adversaires et arguments me nourrissent également et viennent faire évoluer mes idées, car j’ai en horreur l’intégrisme de la pensée.

C’est la responsabilité que nous avons tous, citoyens, représentants et élus, de faire vivre sainement le débat démocratique, car notre Histoire nous le montre, il est toujours dangereux de jouer et de fricoter avec la violence.

Marc Coatanéa